Un niveau record de mauvaise qualité de l'air dans une classe sans ventilation

Share:

Avec 3948 parties par million (ppm) de CO2 mesurées en présence des élèves, soit quatre fois la limite fixée par le ministère de l'Éducation du Québec, le cas de l'école montréalaise du Petit-Chapiteau prouve à lui seul l'importance de bien ventiler une classe pour assurer la qualité de l'air.

Le 2 février, le temps est humide à l'extérieur et le thermomètre affiche trois degrés sous zéro dans le quartier Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

L'enseignant présent dans la classe modulaire trouve qu'il fait froid à l'intérieur. En plus de garder les fenêtres fermées, il décide d'éteindre manuellement le système de ventilation à apport d'air frais.

Lorsque la première mesure de CO2 est faite à l'heure du midi, avant l'arrivée des élèves, le niveau est correct : 621 ppm.

Mais après l'arrivée des 23 élèves, au milieu de cours, la qualité de l'air s'est fortement dégradée : 3948 ppm.

Il s'agit du niveau de CO2 le plus élevé que nous ayons constaté parmi les résultats dévoilés pour le moment par les centres de services scolaires du Québec [voir plus bas].

Le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge a promis de rendre public un portrait complet de toutes les écoles de la province, dans les prochains jours.

Dans sa directive aux écoles, Québec demande de respecter une concentration de 1000 ppm pour garantir une bonne qualité de l’air, car un taux de CO2 supérieur nuit à la réussite éducative.

L’Institut national de santé publique du Québec dit que la transmission [du virus de la COVID-19] est augmentée dans les espaces restreints, ventilés de façon inadéquate, à forte densité d’occupants et lorsque la durée d’exposition est prolongée.

Lors du test à l'école du Petit-Chapiteau, le protocole a été respecté. Après la deuxième mesure, fenêtres fermées au milieu du cours, le technicien a ouvert les fenêtres durant 20 minutes, comme requis pour la troisième mesure. Le niveau de CO2 est alors redescendu à 871 ppm.

À notre connaissance, il n'y a pas eu d'éclosion dans cette école depuis le début de la pandémie.

La direction avait demandé d'ouvrir les fenêtres

Même si ce n'est pas recommandé pendant le cours par la santé publique et le ministère de l'Éducation, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) avait demandé d'ouvrir les fenêtres en tout temps, une façon de faire critiquée.

Une enquête de Radio-Canada a montré que cette pratique a été largement utilisée lors des tests par plusieurs CSS, ce qui a eu pour effet d'abaisser les résultats.

« Comme tout était revenu normal avec l’application de la directive d’ouverture des fenêtres, les classes ont pu se poursuivre normalement », explique le porte-parole du CSSDM Alain Perron.

Une technicienne est retournée sur place le vendredi 5 février pour rependre les mesures, et les résultats affichaient 809 ppm pendant la présence de 25 personnes. On constate dans le rapport détaillé que les quatre fenêtres ont alors été maintenues ouvertes à 100 % avant et pendant la présence des élèves.