Le Groupe ATIS remercie 300 travailleurs et ferme une usine

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Le Groupe ATIS, l’un des plus gros fabricants de portes et fenêtres au pays, s’est récemment placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. La direction prévoit fermer ses 19 magasins au Québec et son usine de Terrebonne ; 300 personnes seront touchées. 

L’impact de cette restructuration se fera sentir dès aujourd’hui, alors qu’environ 120 syndiqués réaliseront leur dernier quart de travail à l’usine de Terrebonne, a confirmé le syndicat des Teamsters Canada. À ce nombre, il faut ajouter une centaine de cadres et d’employés de bureau.  

Au total, ce sont 250 salariés qui perdront leur boulot dans ces installations d’ici le 30 avril. « Pour les magasins, c’est une cinquantaine de personnes [qui ont été remerciées] », indique au Journal Sophie Marquis, vice-présidente, ressources humaines et communications au Groupe ATIS. 

Cette compagnie appartient depuis 2015 au Fonds de solidarité FTQ (49,2 %), à Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) (43,1 %), au Fondaction CSN (7,1 %) et à des membres de la direction (0,6 %). C’est la firme Raymond Chabot qui a été mandatée pour piloter la restructuration. 

Selon des documents publics, les dettes de l’entreprise dépassaient les 80 M$ au 31 décembre. Le Groupe ATIS doit notamment 55,69 M$ à ses créanciers garantis, dont 4,9 M$ à Investissement Québec. 

Quant aux dettes non garanties, l’entreprise doit 15,3 M$ à ses actionnaires, soit le Fonds de solidarité FTQ, CRCD et Fondaction CSN. Pour les quelque 700 fournisseurs, le montant de la facture impayée s’élève à 8,36 M$. 

Le Fonds de solidarité FTQ a 47 M$ en jeu dans ce dossier, Fondaction CSN, 11 M$ et CRCD, près de 36 M$, selon leurs rapports financiers. 

Le Groupe ATIS envisage aussi de cesser ses activités à son usine de Toronto avec l’objectif de trouver un acheteur pour cette division. Environ 155 personnes travaillent à cet endroit. 

Groupe ATIS comptait avant cette restructuration près de 1000 employés dans sept usines et 26 magasins au Québec, en Ontario et dans les provinces maritimes. La compagnie possède les enseignes Vitrerie Lévis, Distributeur Vitro-Clair, SDI, Laflamme, Altek et Solarcan Architectural. 

Croissance trop rapide 

La direction justifie entre autres ses problèmes financiers par une croissance trop rapide par acquisitions – neuf entre 2014 et 2017 –, ce qui a eu des impacts sur sa structure. Depuis 2018, les revenus ont aussi chuté de 51 M$. 

L’augmentation du prix des matières premières, une baisse des revenus causée par des problèmes de production à l’usine de Terrebonne et une diminution des ventes à l’usine de Toronto ont également eu des impacts sur le portefeuille de l’organisation, peut-on lire dans les documents.   

À cela, il faut aussi ajouter la fermeture des magasins et des usines durant plusieurs semaines, l’an dernier, en raison des impacts de la COVID-19. 

Autres mesures 

Dans son plan de restructuration, le Groupe ATIS a l’intention de déménager son siège social de Brossard et s’installer dans un local à Terrebonne. En plus de la fermeture des magasins et d’une usine au Québec, la direction souhaite vendre ses locaux à Saint-Apollinaire et devenir locataire. 

« On veut vraiment recentrer nos activités au sein du segment de marché des ventes entrepreneur, distribution et commercial et délaisser les ventes directes aux consommateurs », avance la porte-parole Sophie Marquis. L’entreprise prévoit toutefois conserver ses magasins à l’extérieur de la province. 

Selon la direction, toutes ces mesures devraient permettre à l’entreprise de renouer avec la rentabilité. Le plan de restructuration nécessitera également des investissements de 22 millions $ d’ici deux ans.   

Le Groupe ATIS, créé en 2004, poursuivra ses activités durant le processus de restructuration. Depuis mars 2020, toutes les succursales à travers le Québec portent l’enseigne ATIS. Avant 2015, la compagnie avait comme partenaire la société d’investissement américaine Cyprium.  

Le contrôleur au dossier chez Raymond Chabot n’a pas retourné les demandes d’entrevue du Journal. Avec la collaboration de la plateforme iTerram.