Le sombre bilan de Donald Trump

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« Le président le plus environnementaliste depuis Teddy Roosevelt » : c’est le titre dans lequel s’est drapé Donald Trump au début de septembre en Floride. Venu annoncer un moratoire sur des forages en mer, il a rappelé les milliards de dollars promis le mois précédent pour l’entretien et la conservation des parcs nationaux avec le Great American Outdoors Act. L’ensemble du bilan environnemental de l’administration Trump est cependant loin d’être aussi reluisant. Il brille plutôt par ses reculs.

L’équipe du programme de droit environnemental de l’Université Harvard a compilé près d’une centaine de reculs depuis l’élection de Donald Trump, il y a quatre ans. En voici quelques-uns des plus marquants.

Attaque contre le marché du carbone Californie-Québec

Le système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions créé conjointement par le Québec et la Californie pour faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre sur leur territoire respectif irrite l’administration Trump, qui tente de le faire abolir en traînant la Californie devant les tribunaux. Cette entente avec le Québec est inconstitutionnelle parce qu’elle empiète sur la compétence fédérale en matière d’affaires étrangères, a soutenu la Maison-Blanche. La cour de district (District Court) a donné raison à la Californie l’été dernier, en jugeant que la Maison-Blanche n’avait pas réussi à démontrer la faute. Washington a porté la décision en appel à la fin de septembre.

Forages dans la cour arrière du Yukon

Permettre l’exploration pétrolière et gazière dans une réserve naturelle du nord-est de l’Alaska, voisine du Yukon ? Cette décision annoncée en août dernier a suscité une levée de boucliers des deux côtés de la frontière canado-américaine. L’Arctic National Wildlife Refuge abrite une riche faune, dont un important troupeau de caribous qui migre au Yukon chaque année. « Exposer cette région sauvage intacte à des forages, des pipelines, des camions et de la construction de routes, à un moment où nous avons besoin de réduire les émissions de carburants fossiles, ça n’a absolument aucun sens », déplore Bob Deans, directeur de l’engagement stratégique pour le NRDC Strategic Action Fund, affilié au Natural Resources Defense Council.

Retrait de l’Accord de Paris

Sans conteste le recul le plus remarqué sur la scène internationale. Annoncée en juin 2017, la décision entrera en vigueur en novembre prochain. Ce traité désavantage les États-Unis face à d’autres pays, avait fait valoir le président Trump en citant, notamment, la production de charbon. Pourtant, Accord de Paris ou pas, 121 centrales au charbon américaines ont été converties à d’autres combustibles (le plus souvent du gaz naturel) au cours de la dernière décennie, montrent les chiffres publiés en août par la U. S. Energy Information Administration. Et les investisseurs institutionnels s’intéressent de plus en plus aux impacts des changements climatiques sur les entreprises dans lesquelles ils placent leurs billes.